Récemment, j’ai donné un cours de français à une cliente japonaise. Elle a appris le français à l’université mais ne l’ayant pas pratiqué depuis des années, elle avait quelques problèmes de grammaire et de prononciation.

Dans ma vie, j’ai peut-être rencontré deux ou trois Japonais, et je ne connais pas bien leur mentalité. J’ai essayé d’organiser le cours au mieux : je parlais lentement et distinctement, je prenais mon temps pour expliquer des règles, nous avons lu un poème ensemble, à haute voix. Mais elle ne semblait pas impliquée. Pour la faire parler, je lui ai demandé quelle était sa passion. Les traits de son visage sont restés neutres et seuls ses  yeux ont trahi son excitation.

– « Origami », m’a-t-elle répondu.

J’avais une idée assez vague de ce qu’était l’origami mais j’avais honte de l’avouer pour ne pas la décevoir. À la fin du cours, j’avais toujours du mal à lire les émotions sur son visage. Était-elle contente ? Avait-elle compris mes explications? Nous allions nous lever et nous dire au revoir quand je l’ai vu plonger sa main dans son sac et en sortir quelque chose de blanc. Une seconde après, un cygne en papier se dressait sur sa paume.

« C’est un origami que j’ai fait et c’est pour vous ».

Kleneex.