Je n’oublierai jamais cette année où, me baladant dans mon Marais chéri, j’ai vu une annonce pour des cours de théâtre amateurs sur le mur de l’immeuble… J’ai été fascinée par les photos des gens déguisés, maquillés qui vivaient une autre vie sur scène.

L’inscription a été rapide, j’étais très emballée.
Mais mon enthousiasme s’est très vite évaporé quand j’ai lu les morceaux que notre professeur nous a proposés, je n’aimais pas les personnages, je ne m’y voyais pas… C’est le livre de Jean-Michel Ribes « Théâtre sans animaux  » qui m’a secouru.

Il faut dire qu’il m’a  beaucoup fait rire et j’ai particulièrement adoré le personnage de Louise (la pièce s’appelle « Bravo »), une mégère parfaite qui commande et étouffe son mari. Certes c’est un cliché mais qui m’a tellement plu que cela m’a donné envie d’interpréter le rôle.
Je ne sais pas si dans toute femme dort une mégère qui se réveille quand elle se marie, en tout cas j’en ressentais très bien le personnage 😂

J’ai choisi un morceau, imprimé le texte, et invité Daniel à être mon mari-victime. Je l’ai attrapé par le coude après les cours, lui ai dit de s’assoir et lui ai lu le texte dans la pénombre de la salle et du velours des fauteuils rouges.
Il a  donné son accord illico.

Sans vous raconter tout ce qui s’est passé le jour de la première,  savez-vous que par curiosité j’ai voulu apercevoir les spectateurs avant le spectacle (quelle idée stupide ! ), que j’ai entrouvert le rideau, et que juste après j’ai été tétanisée par la peur, que j’avais l’impression d’avoir oublié tout mon texte, que Daniel et moi on se tenait par la main comme deux gamins angoissés avant le spectacle à la maternelle alors que c’était notre tour… Depuis, j’ai arrêté le théâtre mais j’attends avec impatience un créneau dans mes horaires très chargés  pour recommencer.

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